À l’ère du numérique, le smartphone est devenu un cordon ombilical moderne entre parents et enfants. Si pour le parent qui n’a pas la garde, c’est un outil précieux de maintien du lien, il peut être perçu par l’autre parent comme une intrusion permanente dans son foyer. Pour l’association Racines d’Enfants, la gestion du téléphone et des réseaux sociaux nécessite des règles claires pour éviter que la technologie ne devienne un nouveau terrain de conflit.
1. Le droit de correspondance : Un principe sacré
L’article 373-2 du Code civil est la base : “Chacun des père et mère doit maintenir des relations personnelles avec l’enfant et respecter les liens de celui-ci avec l’autre parent”.
- L’accès libre : Le parent chez qui l’enfant réside ne peut pas interdire les appels ou messages de l’autre parent, sauf si ces communications nuisent gravement au repos ou aux activités de l’enfant (appels à 23h, harcèlement téléphonique).
- Le respect de l’intimité : L’autre parent a le droit de parler à son enfant sans être écouté ou “surveillé” par le parent gardien.
2. Le smartphone de l’enfant : Qui décide ?
L’achat du premier téléphone est souvent un point de discorde.
- Achat et abonnement : Il est fortement conseillé de se concerter avant d’offrir un smartphone. Si un parent l’offre contre l’avis de l’autre, cela crée un déséquilibre éducatif.
- Le contrôle parental : Les deux parents doivent avoir accès aux outils de contrôle parental et s’accorder sur les temps d’écran et les applications autorisées (TikTok, Instagram, Snapchat).
- La confiscation : Un parent peut-il confisquer le téléphone offert par l’autre parent ? Oui, s’il s’agit d’une sanction éducative temporaire. Non, s’il s’agit d’une mesure permanente visant à couper le lien avec l’ex-conjoint.
3. Les réseaux sociaux et l’image de l’enfant
La publication de photos de l’enfant sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram) par un parent peut être contestée par l’autre.
- Le droit à l’image : Chaque parent est co-gardien de l’image de son enfant mineur. Si un parent s’oppose formellement à la diffusion publique de photos de l’enfant, l’autre parent doit respecter ce choix sous peine d’engager sa responsabilité civile.
4. Les bonnes pratiques pour un lien numérique serein
Pour l’association Racines d’Enfants, l’intelligence émotionnelle doit primer :
- Établir des créneaux : Convenez d’une heure de rendez-vous (ex: entre 18h30 et 19h30) pour les appels vidéo. Cela permet au parent gardien d’organiser la soirée sans être interrompu en plein repas.
- Ne pas utiliser l’enfant comme espion : Ne posez pas de questions sur la vie privée de l’ex via le téléphone de l’enfant.
- La “boîte à téléphone” : Chez l’un comme chez l’autre, encouragez l’enfant à lâcher son écran pour vivre pleinement le temps présent.
L’appui de Racines d’Enfants
Le “harcèlement numérique” ou, à l’inverse, le “black-out numérique” imposé par un parent sont des réalités que nous traitons souvent. Nous vous aidons à intégrer dans vos conventions de divorce ou vos requêtes JAF des clauses précises sur le droit de correspondance (horaires, fréquence, outils) pour sanctuariser ce lien indispensable.
FAQ : Smartphone, Réseaux et Séparation
L’autre parent a-t-il le droit d’éteindre le téléphone de l’enfant ?
Durant la nuit ou pendant les devoirs, oui. Mais s’il éteint le téléphone systématiquement pour vous empêcher de joindre votre enfant pendant plusieurs jours, cela peut être qualifié d’entrave au droit de correspondance et être signalé au juge.
Puis-je m’opposer à ce que mon enfant soit sur TikTok chez son autre parent ?
Oui, l’éducation numérique fait partie de l’autorité parentale. Si vous jugez qu’une application est dangereuse ou inadaptée à l’âge de l’enfant, vous pouvez exiger sa suppression. En cas de désaccord persistant, c’est un motif de saisine du JAF.
Est-ce que je peux demander les mots de passe du téléphone de mon enfant ?
Dans un but de protection du mineur (cyberharcèlement, contenus inappropriés), les deux parents devraient idéalement disposer des codes d’accès, tout en respectant un jardin secret croissant à mesure que l’enfant grandit.

