Face à une non-représentation d’enfant ou à un conflit immédiat lors d’un passage de bras, le premier réflexe est souvent d’appeler la police ou la gendarmerie. Pour l’association Racines d’Enfants, il est crucial de comprendre que si les forces de l’ordre sont les garantes de la loi, leur champ d’action en matière de droit de la famille est strictement encadré. Savoir quoi attendre d’eux permet d’éviter bien des frustrations.
1. Pourquoi la police n’intervient-elle pas pour “récupérer” l’enfant ?
C’est la source principale de déception : sauf danger immédiat et grave pour l’intégrité physique du mineur, les forces de l’ordre n’ont pas le pouvoir de pénétrer dans un domicile pour s’emparer d’un enfant et le remettre à l’autre parent, même si vous présentez un jugement du JAF.
- L’absence de force publique : Le jugement du JAF n’est pas assorti de “l’exécution par la force publique” automatique. Seul un juge peut ordonner une telle mesure dans des cas exceptionnels.
- La préservation de l’enfant : Une intervention musclée de la police devant un enfant est jugée traumatisante et contraire à son intérêt supérieur.
2. Main courante ou Plainte : Quelle différence ?
Lorsque vous vous rendez au commissariat suite à un refus de présentation d’enfant, on vous propose souvent deux options :
A. La main courante (ou procès-verbal de renseignement)
Elle sert à dater et enregistrer vos déclarations. Elle n’entraîne aucune enquête et ne sera pas transmise au procureur. Elle est utile comme “commencement de preuve” pour montrer au JAF la répétition des faits, mais elle n’a pas de valeur pénale forte.
B. Le dépôt de plainte
C’est l’acte par lequel vous dénoncez un délit (article 227-5 du Code pénal). Les forces de l’ordre ont l’obligation de prendre votre plainte si vous le demandez. La plainte est transmise au Procureur de la République qui décidera des suites (enquête, rappel à la loi ou poursuites).
3. Les bonnes pratiques au commissariat
Pour que votre démarche soit efficace, suivez ces conseils de Racines d’Enfants :
- Munissez-vous de votre jugement : Sans l’original ou une copie certifiée conforme du jugement revêtu de la formule exécutoire, la police ne pourra rien constater.
- Restez calme : Les policiers ne sont pas des médiateurs familiaux. Présentez les faits de manière concise : “Le jugement prévoit que je récupère l’enfant à 18h, l’autre parent refuse, voici le jugement.”
- Demandez un récépissé : Repartez toujours avec une copie de votre plainte ou le numéro de votre main courante.
L’appui de Racines d’Enfants
Si un commissariat refuse de prendre votre plainte, sachez que c’est illégal. Nous vous accompagnons pour rédiger une plainte directe auprès du Procureur de la République par lettre recommandée avec accusé de réception. Ne vous laissez pas décourager par l’inertie administrative : la répétition des constats est votre meilleure arme juridique.
FAQ : Forces de l’ordre et litiges familiaux
Puis-je demander à la police de m’accompagner pour le passage de bras ?
Vous pouvez le demander, mais ils ne sont pas tenus d’accepter. Ils n’interviennent généralement que s’il y a un risque de trouble à l’ordre public ou de violences physiques immédiates.
Est-ce que porter plainte plusieurs fois sert à quelque chose ?
Oui. Une plainte isolée est souvent classée sans suite. L’accumulation de plaintes démontre au procureur et au JAF une volonté délibérée d’obstruction et une “résistance abusive” qui peut entraîner des sanctions pénales et civiles.
Que faire si l’autre parent porte plainte contre moi abusivement ?
Gardez systématiquement toutes les preuves de votre côté (photos, SMS, témoignages). Si la plainte est manifestement fausse, vous pourrez par la suite engager une procédure pour dénonciation calomnieuse.

